Ouvrez LinkedIn ou Instagram en cette fin 2025, et vous aurez l’impression que le métier d’architecte ou de designer 3D est fini.
Des images photoréalistes générées en 30 secondes, des vidéos de visite virtuelle créées à partir d’un simple croquis… Face à ce déferlement, la question est légitime : à quoi bon passer des heures sur SketchUp si une IA peut le faire en une minute ?
Si vous vous posez cette question, vous confondez deux choses : l’image et le projet. Et c’est exactement cette confusion qui va coûter cher à ceux qui ne comprennent pas la nuance.
Soyons clairs et réalistes : voici pourquoi l’IA ne rendra pas les logiciels 3D obsolètes, mais pourquoi elle va impitoyablement éliminer les « simples exécutants ».
Le test du « Lego Technic » : L’illusion de la compétence
Pour comprendre la limite réelle de l’IA, prenons un exemple concret issu d’un test récent comparant une modélisation CAO à une génération IA d’une voiture en Lego.
L’IA a généré une image bluffante. La lumière était parfaite, le plastique brillait, le style était là.
Mais quand on a demandé le fichier 3D, le résultat était inexploitable : les pièces étaient fusionnées, les engrenages n’avaient aucune logique mécanique, et les dimensions étaient purement visuelles.

C’est exactement le problème en architecture. Demandez à une IA de vous faire une « maison moderne ». Elle vous sortira un visuel magnifique. Mais demandez-lui de décaler la fenêtre de 15 cm parce que le permis de construire l’exige, ou de sortir un plan d’exécution pour le maçon… et tout s’effondre.
L’IA est un formidable menteur talentueux. Elle sait faire du « joli », mais elle est incapable de faire du « vrai ». Elle ne connaît pas la gravité, elle ne connaît pas le DTU, et elle se fiche que votre escalier arrive dans le plafond.
Le vrai danger : La responsabilité juridique
Au-delà de la technique, il y a la réalité du chantier. Si un plugin IA hallucine une poutre porteuse ou invente une norme incendie obsolète dans un cahier des charges, qui est responsable ?
L’IA est une « boîte noire ». Dans nos métiers, nous vendons de la précision et de la garantie décennale, pas juste du rêve sur papier glacé. Tant que l’IA ne pourra pas garantir qu’un mur tient debout, SketchUp, Revit et Archicad resteront les garants de la réalité technique.
Alors, à quoi sert l’IA ? (Et pourquoi vous devez l’utiliser)
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ne pas utiliser l’IA aujourd’hui est une faute professionnelle. Si elle ne remplace pas l’architecte, elle est devenue le super-assistant ultime.
Fini la page blanche : Elle génère 50 variantes d’une façade en une heure pour débloquer votre créativité.
Fini les tâches ingrates : Des outils comme ceux intégrés aux versions 2025 d’AutoCAD ou les plugins SketchUp nettoient vos plans ou convertissent automatiquement vos objets.
Le rendu instantané : Avec des moteurs comme Veras, D5 ou les dernières mises à jour de V-Ray, vous ne passez plus 4 heures à régler l’éclairage. Vous modélisez « moche » mais juste dans SketchUp, et l’IA le rend « beau » instantanément ou presque.
Conclusion : Devenez le Pilote, pas le Passager
L’IA ne va pas remplacer les logiciels 3D, elle va les augmenter.
Le marché va se scinder en deux :
Les « exécutants » qui faisaient juste du rendu joli sans fond technique : eux sont en danger, car l’IA fait mieux et moins cher.
Les « Experts Pilotes » : ceux qui maîtrisent la structure (SketchUp/BIM) et qui utilisent l’IA pour aller 10 fois plus vite.

Votre valeur ajoutée n’est plus de savoir placer une texture de bois, mais de savoir concevoir un projet réalisable et de diriger l’IA pour le vendre. Ne jetez pas votre souris, mais apprenez à donner les bons ordres.
C’est tout l’objet de nos formations : ne pas subir la technologie, mais en faire votre meilleur outil de rentabilité!